Il est difficile de choisir un repère chronologique pour séparer la première de la seconde. Pour ma part, je considère la chûte d’Edesse comme le point de départ de la seconde Croisade donc nous nous arrêterons dans cette article juste avant.
Nous l’avons vu, le pape Urbain II a appelé en 1095 les hommes en arme à s’unir contre les infidèles et la diffusion de son message dans les prêches est telle que même les non-combattants vendent leur terre. Adhémar de Monteil est nommé guide spirituel des Croisades par le pape et nous avons déjà parlé dans l’article précédent des chevaliers qui l’accompagnent. Soit environ 100 000 hommes mobiles dans toute l’Europe.

Des préparatifs à l’arrivée à Constantinople.
Comme indiqué sur la carte, l’armée croisée est divisée en quatre, avec un chef militaire à sa tête.
Hugues de Vermandois arrive parmi les premiers… il est couvert de cadeaux mais…assigné à résidence. Il jure fidélité à Alexis Ier, lui promettant de délivrer et de lui rendre toutes les terres ayant appartenu à l’Empire. Puis il attend ses compagnons.
En passant par le Saint-Empire germanique et la Hongrie, Godefroy de Bouillon suit la « Route de Charlemagne ». Escorté sur les terres hongroises par les troupes du roi Coloman qu’il a pu convaincre de sa bonne foi, il arrive à Constantinople aux environs de Noël 1096. Il s’installe pour quatre mois au pied de la ville.
Nous avons vu que l’Empire chrétien d’Orient est malmené par les Turcs : le basileus Alexis a plusieurs fois par le passé demandé l’aide du Pape et se méprend sur les intentions des Croisés, qui pense-t-il, vont agir comme des mercenaires à sa solde pour récupérer ses terres. Il fait jurer fidélité aux Croisés qui doivent reprendre les terres et conquérir en son nom pour se protéger d’eux. Cet évènement, et le refus très nets de certains chefs militaires comme Godefroy de le reconnaître comme suzerain, créée des tensions et des troubles permanents. Ce dernier se verra couper les vivres, si bien que des pillages nombreux sont effectués pour faire plier la décision de l’empereur… Finalement, ses hommes affamés, Godefroy se plie aux exigences d’Alexis Ier après de nombreuses tractations.
Bohemond de Tarente le rejoint quelques semaines plus tard après avoir traversé l’Adriatique et la Grêce. Il prête serment sans avoir l’intention de le tenir, les byzantins étant pour lui de vieux ennemis.
En avril 1097, c’est Raymond de Toulouse qui arrive du Midi avec Adhémar après avoir traversé l’Italie et la Serbie. Semblant sympathiser rapidement et surtout face à d’habiles diplomates, le serment de Raymond est plus léger : Il jure de conserver l’empire byzantin en l’état et restaurer les provinces perdues. On remarquera qu’il s’agit du plus gros contingent et que le nombre de croisés aux portes de la ville est peut-être suffisamment important pour favoriser un adoucissement des exigences.
Robert de Flandres et les Normands arrivent enfin, après avoir suivi les traces de Bohémond. Il accepte de prêter serment et marche au côté de Raymond de Toulouse assez rapidement.
Finalement, fin avril 1097, tout le monde se met en route… et avouons le, Alexis Ier est bien content d’expédier ces aventuriers assoiffés de terres en Asie mineure.
La suite au prochain article
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Tags: armée féodale, croisades, évènement historique, guerre, histoire, histoire médiévale, première croisade

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