Articles tagués ‘moyen-âge’

17
août

Le château fort : le modèle philippien.

   Ecrit par : Cernunnos   in Salle d'armes

De la motte au château.

Nous avons déjà évoqué dans d’autres articles la motte castrale et le donjon comme moyens de défense passive ( on utilise les mûrs pour se protéger)  et de défense en profondeur (l’inaccessibilité du donjon posé sur le point le plus haut, l’usage des avantages naturels…). Sauf que les armes de siège, plus puissantes au début du XIIème (voir article correspondant) , rendent obsolètes ces constructions… il faut donc innover. On construit alors des ouvrages maçonnés plus résistants.

Dans un premier temps, on entoure le donjon de murailles (courtines) pour mieux le protéger, et on place des tours dans les angles nommées tour de flanquement… Voilà les premiers châteaux. C’est Philippe Auguste qui va adopter à la fin de son règne l’idée d’un dispositif quadrangulaire autour du donjon au Louvre : d’où le nom de château philippien.  La maquette du chateau de Dourdan ci-dessous illustre ce dispositif.

Château de Dourdan

Ce modèle va très vite devenir un standard sur son royaume : il est vraisemblable que les ouvriers conservait une partie de leurs gabarit d’un chantier à l’autre pour ne pas perdre du temps à les refaire, d’autre part il a signé un certain nombre d’accords d’expansion qui ont diffusé ce modèle même en milieu bourguignon. Anecdote intéressante, le Paradis ayant une forme carrée selon la pensée médiévale, seul le roi est autorisé à avoir son paradis sur terre, donc une enceinte carrée.

Plan de masse du château du Louvre au temps de Charles V par Eugène Viollet le Duc.

Le modèle du Louvre va inspirer de nombreux autres châteaux et je vous invite à cliquer sur l’image pour en savoir plus. Ce qui est le plus important, c’est qu’ on peut désormais bâtir ce type d’ouvrage n’importe où, et notamment en plaine. A noter qu’il n’est plus nécessaire d’avoir d’enceinte : on abandonne avec lui la notion de défense en profondeur.

La poliorcétique va évoluer vers un nouveau type de défense qu’on appelle défense active. Ce qui symbolise ce changement de stratégie défensive, c’est tout simplement l’apparition des archères dans les flanquements des tours d’angle au XIIème siècle pour protéger les courtines et la base du château. Une nouvelle conception de l’architecture militaire vue comme un moyen non plus d’empêcher d’entrer uniquement mais comme un outil permettant à l’homme de se défendre où qu’il soit.

On ajoute ensuite des tourelles défensives supplémentaires à partir du milieu du XIIème/début XIIIème. Dans un souci d’économie de pierre et pour éviter les angles morts, on remplace progressivement les tours carrés par des tours semi-circulaires puis circulaires.

Caractéristiques de la construction.

Schéma des caractéristiques typiques du château philippien extrait de la brochure de Guédelon..

La tour de flanquement ou tour flanquante élimine entièrement les angles morts et permet un tir quasiment parallèle aux fortifications. Autant dire que ça ne pardonne pas aussi bien à distance que près des tours. Elle est reliée à sa plus proche voisine par une courtine.

Au début, on place le donjon au centre du dispositif mais on se rend asse vite compte que les murailles protègent les assaillants lorsqu’ils sont à l’extérieur de celles-ci et que les tirs des défenseurs ont des dégâts collatéraux parmi nos propre troupe. On s’aperçoit aussi que la position centrale du donjon gêne les archers qui sont sur les courtines, les ennemis pouvant se cacher des tirs grâce au donjon.

On va donc tout simplement décaler le donjon a un angle de la muraille, il prendra alors le nom de tour maitresse.  Il voit donc légèrement sa mission de défense se réduire, mais sert toujours toute fois à avoir une vision étendue du secteur. S’il ne loge pas dans un logement seigneurial dans la cour le long de la muraille, le seigneur habite le donjon.

On constate aussi que pour mieux résister aux attaques des armes de siège, les constructions doivent offrir un minimum de surface, aussi les constructions sont plus trapus à la base, nommée escarpe, et plus ramassées sur elles-mêmes. En réalité, ce que nous voyons des châteaux forts sont des pierres de parement : les fortifications sont construites en double puis l’interstice est ensuite progressivement rempli.

Un simple fossé creusé à pique, d’une dizaine de mètres de profondeur pour quinze à vingt mètres de large, autour du château, est rempli de chausse-trappes recouverts d’urine ou de crotin et de ronces/orties pour protéger les mûrs. Difficile donc de tenter une sape sans risque. Sauter de 10m est impossible pour un homme en arme qui porte son équipement, sa ration et sa solde sur lui. Même une sape n’est donc pas réellement intéressante. D’autant plus qu’on se fait tirer dessus et qu’on risque tout un tas de choses affreuses en traversant le fossé. Si on n’en meurt pas sur place, la gangrène ou le tétanos sans charge : le but des chausse-trappes est clairement de tuer immédiatement ou sur le long terme. Dans tous les cas, il rend infirme et donc inapte au combat.

A noter : Les douves, si on a les moyens financiers de détourner un fleuve, sont également possibles mais on n’en maitrise pas l’étanchéité. Donc elles sont en réalité assez rare pour cette époque.

Une poterne au pied d’une tour permet a un messager qui connait bien l’enceinte de sortir donner l’alerte en cas de siège. Cet escalier très étroit tourne de manière à ce que l’homme en arme, forcément droitier, ne puisse pas effectuer de geste libre et présente sa tête. La présence d’assommoirs, trous qui permettent de jeter des pierres sur les personnes qui tentent de monter, permet la défense. De plus, très étroite, elle ne permet pas à l’assaillant d’entrer autrement qu’un par un dans la cour du château et quasi désarmé… Elle est donc facilement défendable à l’arrivée par un seul homme.

Prendre ce type de château par la porte? Difficile. Pas de pont mobile sur ce type de construction à l’origine mais des ponts dormants, fixes jusqu’au milieu du XIIème siècle. Il est évident que le bélier, manipulé par des hommes désarmés pour cela, se fait tirer comme un lapin aussi bien des courtines que des tours. Dans tous les cas, on ne fait pas de prisonnier à moins d’obtenir une rançon contre ces derniers, donc l’objectif est bien de se défendre totalement de l’ennemi.

Les portes, perçues comme des endroits à la fois fragiles et stratégiques, sont largement défendues. En réalité, pour repousser les assauts, il existe non pas une mais plusieurs portes près desquelles siègent deux tours : l’ensemble constitue le châtelet d’entrée. La dernière reste toujours close et est protégées par une ou plusieurs herses en bois plaqué de fer. Les herses sont rabattues tour à tour derrière les vagues d’ennemis qui viennent tenter d’entrer. En les coinçant ainsi entre deux portes, on peut utiliser les assommoirs pour leur jeter des cailloux, de l’urine bouillante ou tout simplement les tirer comme des lapins.

La seule solution est donc le siège mais elle demande beaucoup de moyens financiers pour ravitailler et entretenir des hommes sur place à ne rien faire d’autre qu’attendre… C’est pourquoi on peut dire clairement que les représentations du Moyen-âge guerrier sont erronées. Seuls les plus grands seigneurs peuvent se permettre, à commencer par les rois et leurs proches qui ne constituent donc pas une majorité.


Fonctions du château fort.

A noter, le château fort n’est pas une forteresse. Il ne s’agit pas d’un lieu de vie militaire mais d’un lieu d’habitation, celui du seigneur. Ce dernier y vit avec sa famille, épouse et quatre / cinq enfants en moyenne, ses serviteurs et leur famille qui dorment le soir dans la grande salle sur de la paille fraiche, ainsi que quelques hommes de confiance soit tout au plus une vingtaine de personnes en temps normal. Ajoutons ponctuellement une ou deux garnisons de soldats selon les possibilités financières du seigneur pour se protéger en cas de besoin.

Il a pour objectif de permettre de vivre confortablement et en sécurité, on y rend la justice locale. C’est aussi un moyen d’assoir son autorité et sa renommée auprès de ses vassaux et d’être reconnu par son suzerain puisque l’autorisation de ce dernier est nécessaire pour lancer la construction. Le château fort a donc aussi bien un rôle symbolique que défensif : plus il est beau et gros mieux c’est. C’est aussi, et surtout, un moyen de dissuasion autant que de défense.

Les châteaux vont donc pousser comme des champignons, au gré des enjeux stratégiques des uns et des autres et pas forcément toujours avec l’accord des suzerains. On estime aujourd’hui qu’à la période d’apogée de leur construction, il y a avait environ un château tous les 15km en moyenne en France.

En guise de conclusion, je dirais qu’il faut oublier une bonne partie de ce qu’on voit dans les films concernant la prise des châteaux. Pas d’huile bouillante trop onéreuse et précieuse pour être gâchée, notamment. Je reviendrai surement dans un autre article apporter des précisions sur tout cela car il s’agit de généralités, qui commencent à prendre des proportions assez faramineuses. Je reprendrai très prochainement le schéma du château fort que je vous ai proposé dans cet article pour approfondir. Au gré de nouvelles lectures, j’aurais aussi sans doute d’autres détails croustillants à donner.

Post to Twitter

10
juin

La chirurgie crânienne au Moyen-âge.

   Ecrit par : Cernunnos   in De Historia

Contrairement à ce qu’on pu laisser croire pendant longtemps les avis des médecins des époques supérieures, on pratiquait déjà avec plus ou moins de réussite la chirurgie au Moyen-âge.

Nous nous attacherons aujourd’hui à expliquer le traitement des  traumatismes crâniens à partir du travail de Raoul Perrot que nous avions déjà cité dans ces articles :  Le traitement des plaies au Moyen-âge et Les remèdes au Moyen-âge.

Les examens et traitements pratiqués sur une plaie du crâne pendant l’Antiquité.

Hippocrate met en place dès l’Antiquité un protocole d’examen visant à identifier précisément le type de lésion du patient, avec ou sans fracture.

Il s’agit déjà de questionner les témoins pour savoir exactement le contexte de l’incident, puis de sonder la plaie attentivement. Il utilise pour cela de la matière noire : celle-ci s’infiltre dans les anfractuosités qui vont ensuite apparaitre noires. Ce test permet de poser le diagnostic à partir de la typologie ci-dessous.

Il distingue ainsi cinq type de lésion : fractures, contusions, enfoncement avec fracture, hédra ( félure de l’os suite à un coup), fracture par contre-coup.

Hippocrate reconnait déjà également que certaines parties du crâne sont plus fragiles que d’autres et cela vient préciser ce diagnostic. Pour lui, la saison joue aussi un rôle évident : l’été ce type de blessure est plus dur à soigner selon lui que l’hiver. Cela me semble parfaitement logique eu égare à la macération et au pourrissement que provoque la chaleur.

Les préceptes d’Hippocrate sont très clairs quant à la manière de traiter ces traumatismes et on reconnait déjà leur extrême gravité.

Comme lui, les médecins médiévaux utilisent une typologie précise de ces traumatismes. On distingue les contusions crâniennes avec ou sans fracture, les fractures de la face  (oreille, nez…) et de la mandibule, les luxations de la mâchoire.

Très globalement, on applique les mêmes traitements que pour les plaies sauf pour les cas justifiants d’une trépanation.  L’opération du trépan est exigée par la contusion et par la fracture. L’enfoncement du crâne et l’hédra ne la nécessite pas.

La seule différence dans le traitement par rapport à ce que nous avions vu dans les articles précédents réside dans la vive recommandation d’Hippocrate de n’appliquer aucun pansement et un minium de traitement liquide sur la plaie pour éviter toute suppuration.

En ce qui concerne les fractures de la mâchoire, on replace simplement les os avec les doigts et on lie les deux dents de chaque côté de la fracture l’une à l’autre par un fil. On pose un bandage puis un traitement est donné, ainsi qu’un régime liquide. Le même procédé est mis en place après la mise en place post-luxation.

Le traitement des traumatismes crâniens au début du Moyen-âge.

La raison pour laquelle j’ai insisté sur la méthode antique aussi longtemps, c’est tout simplement qu’au Moyen-âge on utilise toujours celle-ci et qu’on a de cesse de la préciser.

Paul d’Egine reste fidèle à l’Antiquité dans sa démarche. Il  suit  les méthodes préconisées évoquées précédemment en ce qui concerne les traumatismes faciales, en ajoutant uniquement le port d’attelles en bois ou en cuir quand cela est nécessaire.

Néanmoins, il développe la typologie des traumatismes crâniens d’Hippocrate en distinguant plusieurs sous catégories à celles que nous avons mentionnés. En cela, il innove totalement et  influence la médecine médiévale.

Il dote la fracture du crâne d’une liste de symptômes : « vertige, aphonie, collapsus immédiat », et des signes d’aggravation tels que : « vomissement de bile, convulsions, délire et fièvre aigüe ».

Et après ?

Les méthodes restent à peu de choses près plus ou moins les mêmes. On distingue toutefois progressivement les entailles, des contusions par armes de choc. On va également restreindre la trépanation qu’aux cas les plus graves et préconiser le retrait des esquilles (Abulcasis, médecin arabe).  Finalement, ce qui change c’est le moyen de diagnostiquer et de traiter propre à chaque médecin.

En ce qui concerne les traumatismes de la face, le souci de la beauté instaure petit à petit la nécessité de redresser le nez. On utilise comme attelle un tuyau de plume d’oie entouré de lin imbibé de blanc d’oeuf, glissé dans la narine jusqu’à complète guérison.

Roger de Parme va s’intéresser plus amplement aux cas les plus graves en dressant une nouvelle typologie de plus en plus précise en prenant en compte la taille de la plaie et la taille de la fracture. Il propose même un protocole pour le retrait des flèches plantées dans le crâne. Il est aussi le premier à suturer les plaies au visage par souci esthétique.

La chirurgie du crâne va progressivement réserver la trépanation aux cas les plus graves se détachant ainsi des concepts antiques.

Je vous invite vraiment à vous pencher sur le travail de Raoul Perrot qui explique dans le détail les évolutions des traitements, des techniques et des diagnostiques. Moi je dois synthétiser ici :) . Il s’agit en plus d’un PDF téléchargeable.

sources :

http://remacle.org/bloodwolf/erudits/Hippocrate/plaies.htm

Paleobios

Post to Twitter

28
mai

41e Congrès de la SHMESP

   Ecrit par : Ethelbert   in Expositions

La SHMESP, ques aco ?

Cet acronyme désigne la Société des Historiens Médiévistes de l’Enseignement Supérieur Public. Pour plus de détails sur cette institution, je vous invite à vous rendre sur son site.

Le Congrès 2010

C’est la 41e édition, et elle se tiendra à Lyon, du 3 au 6 juin 2010.
Vous trouverez le détail du programme sur le site de la SHMESP. Mais comme je suis bon prince, je vous donne le lien direct: cliquez ici. Le thème en sera Les relations diplomatiques au Moyen Âge: sources, pratiques, enjeux.
Le Congrès s’étalera sur quatre jours (des buffets étant prévus pour redonner force et courage aux vaillants médiévistes), le dernier étant consacré à une excursion fluviale de Lyon à Anse, avec visite du château.
Bon, je vais tout de suite en décevoir plusieurs: il y avait des formulaires d’inscription pour ce Congrès, ce qui doit probablement signifier que les personnes non-inscrites n’auront accès ni aux buffets, ni à l’excursion.

Queâh ?! Tu nous appâtes pour mieux nous dégoûter ensuite. Triste sire ! Au pilori !

Grâce, mes gentilles seigneuries ! Pour ma défense, j’arguerai que je n’ai appris la tenue de ce Congrès que ce matin, au hasard d’une conversation avec l’un des organisateurs. Et puis, mon domaine de prédilection, c’est plutôt l’Égypte ancienne…
Mais apparemment, formulaire d’inscription ou pas, l’entrée est libre pour assister aux différentes interventions.

Enfin, bref, si vous ne savez pas quoi faire en fin de semaine prochaine, viendez sur Lyon !

Post to Twitter

27
mai

Le statut de la femme au Moyen-âge.

   Ecrit par : Cernunnos   in De Historia

On entend souvent dire que la femme n’avait pas d’âme au Moyen-âge, et on a très souvent la représentation de la femme cloitrée sous l’autorité du père ou du frère puis du mari… Et pourtant, cette représentation faussée car elle est l’archétype même de la femme de la Renaissance qui redécouvre et impose les standards du droit romain, et plus encore celle du XIXème siècle du code Napoléon.  Qu’en est-t-il de la réalité?

Pour comprendre le statut de la femme au Moyen-âge, il est important de remonter bien avant celui-ci. Car toute l’ambiguïté du statut de la femme repose sur l’antagonisme de deux modèles différents : la femme romaine et la femme celte, la femme totalement dépendante de l’autorité de l’homme et la femme qui bénéficie de droits plus ou moins identiques.

Femme celte vs femme romaine :

Chez les Romains elle n’a aucune possession, et j’irais jusqu’à dire qu’elle sert de faire valoir à sa famille qu’elle a le devoir de faire prospérer. Elle quitte l’autorité du père ou du frère pour aller directement sous celle de son mari. Elle ne sort pas, ne participe pas à la vie de la citée. Sa seule obligation est de gérer son foyer, contribuer à sa gestion matériel et éventuellement les travaux dits « de femmes ».

Chez les Celtes, la femme a une existence propre. Elle peut disposer de biens propres dont la propriété lui est exclusive : ils la suivent lors de son mariage, en cas de séparation, elle en reste propriétaire.

Il n’y a pas d’obligation de durée dans le couple celte. La femme étant toujours liée à sa famille d’origine, contrairement à la femme romaine, y retourne en cas de séparation. Celle-ci ne se fait pas sans motifs graves sous peine d’obligation de paiement d’un lourd dédomagement.

La femme pouvait quitter son époux en cas de mauvais traitements, elle pouvait alors disposer de ses biens, mais aussi de sa part sur ceux acquis pendant toute la durée du mariage.

Même si dans le cadre de la vie privée, la femme celte dépend de l’autorité de son père puis de son mari, contrairement à la Romaine  la Gauloise participe aux combats et à la vie de la citée à part entière.

Attention, toutefois, Jean Markale nuance largement :

On sait maintenant que la société de type celtique, du moins en droit, accordait aux femmes une place que celles-ci n’avaient pas dans les autres sociétés contemporaines. Elles participaient à la vie politique et à la vie religieuse; elles pouvaient posséder des biens personnels ; elles pouvaient régner; elles pouvaient fixer librement leur choix sur un homme, elles pouvaient divorcer si leur mari outrepassait ses droits, et, en cas d’abandon du mari ou de l’homme suborneur, elles avaient la possibilité de réclamer une forte indemnité. Mais il faut se garder de conclure que la Femme celte vivait dans un authentique paradis. Car les lois qui les favorisaient, et dont on trouve la preuve dans les codes de lois gallois, bretons et irlandais, ces lois ont quand même été élaborées par des hommes qui appartenaient à une société fortement androcratique, ce que l’on pourrait appeler d’une façon très commode et justifiée – une société paternaliste. Ces lois visaient à maintenir les femmes dans un cadre, certes libéral, mais qui ne mettait pas en cause l’essentiel, c’est-à-dire qui éliminait toutes les conditions qui auraient pu nuire à la foule des individus mâles. En fait, tout se passe comme si les Celtes avaient été obligés de garder certains éléments des anciennes structures ayant existé chez les peuples autochtones qu’ils avaient conquis et assimilés.

Bref, même si le portrait que je viens de dresser est à prendre avec des grosses pincettes, il est indéniables qu’en droit les femmes plus de droits dans la société traditionnelle celte.

On peut supposer que le début du Moyen-âge, et particulièrement les zones rurales loin de Rome, sont encore sous l’influence de cette tradition malgré le droit romain, d’où cette ambivalence que j’évoquais.

Le statut de la femme au Moyen-âge.

Les femmes de condition.

Régine Pernoud dans Pour en finir avec le Moyen-âge, et surtout dans La femme au temps des Cathédrales et La femme au temps des Croisades, s’intéresse particulièrement au statut de celle-ci. Elle pose ainsi ce constat  :

N’est-il pas surprenant, en effet de penser, qu’aux temps féodaux la reine est couronnée comme le roi, généralement à Reims, parfois dans d’autres cathédrales du domaine (à Sens, pour Maguerite de Provence), mais toujours par les mains de l’archevêque de Reims? Autrement dit, on attribue autant de valeurs au couronnement de la reine qu’à celui du roi.

Or, la dernière reine qui fut couronnée est Marie de Médicis; elle le fut d’ailleurs tardivement en 1610, à la veille du meurtre de son époux Henri IV; [...].

et  d’ajouter quelques lignes plus bas :

Dès ces temps médiévaux (le terme est pris ici par opposition aux temps féodaux), le couronnement de la reine avait pris moins d’importance que celui du roi ; en une époque où la guerre régnait en France à l’état endémique, ([...]), les besoins militaires commencent à primer sur toute préoccupation, et le roi est d’abord chef de guerre.

L’archevêque irait-il couronner une femme sans âme? Autrement dit, le statut de la reine médiévale à l’origine n’était pas si mauvais que cela, de même pour la femme du petit seigneur. Elles exercent pleinement le pouvoir en cas d’absence ou de décès du mari, elles ont quelques possessions propres qu’on appelle leur douaire.

Lorsque le mari part en Croisade, il n’est pas rare qu’il soit accompagné de l’ensemble de sa famille, sauf si le jeune héritier ou le domaine nécessite la présence de l’épouse sur place ou si celle-ci est enceinte. Ainsi, Aliénor d’Aquitaine suit son époux Louis VII. Un témoignage atteste de la présence et du soutien des femmes pendant le siège d’Antioche : celles-ci donnant de l’eau aux combattants. La femme n’est donc pas cloîtrée chez elle.

Ajoutons aussi que certaines abbesses avaient énormément de pouvoir sur leur congrégation, ainsi que sur le rayonnement de celle-ci. Ainsi, Régine Pernoud cite l’exemple du monastère de Paraclet au XIIème siècle, dont la supérieure est Héloïse. Ce qui prouve que les femmes d’église étaient particulièrement cultivée… elle agit sur le domaine qui lui est confié comme le ferait un seigneur sur le sien.

Jetons un sort aux mariages arrangés, qui constituent également un mythe assez solide. L’Eglise impose pour accorder le mariage l’accord des deux époux, ce qui n’était pas le cas avant. Plus qu’à notre époque, elle a agit avec souplesse en tolérant certaines ruptures…  Je ne dis pas que les mariages arrangés n’existaient pas, mais qu’on exagère largement la question. Quid par exemple de la situation dans les terres musulmanes à la même époque? Bref…

N’ont-elles donc pas d’âme? Au passage, donnerais-t’on l’eucharistie à la femme si elle n’en avait pas? Mais alors pourquoi ne pas aussi donner la sainte hostie aux animaux en ce cas?  Vous me direz sans doute que je m’intéresse uniquement au statut de la femme puissante, et qu’il est autrement plus difficile d’être une femme du peuple… Et bien là encore, pas tant que cela.

La femme du peuple.

La femme médiévale travaille dans les champs certes, mais à la ville elle dispose aussi d’un accès à  tout un tas de petits métiers. Tous les métiers qui correspondent plus ou moins à la prolongation d’activités domestiques leur sont totalement accessibles. Dans les métiers de l’alimentation et du tissu, elles sont très représentées.

Le site Vivre au Moyen-âge présente ainsi le cas d’Agnès.

En 1415, à Toulouse, les balles des boursiers (fabricants de bourses) poursuivent le ceinturier Hélie Olivier et son épouse Agnès, accusés d’exercer le métier de boursier de façon illégale. Agnès déclare qu’elle est demeurée plus de douze ans en ce métier et le connaît. Une transaction intervient. Moyennant le paiement des frais du procès, des droits d’entrée et l’exécution d’un chef-d’œuvre, Agnès est autorisée à travailler comme boursière, avec un seul apprenti, sans que son mari puisse l’aider. La place des femmes dans l’artisanat est donc loin d’être négligeable.

Si on se penche sur les archives urbaines, on constate que les femmes peuvent s’exprimer dans des assemblées, de même que dans certains conseils ruraux. Les actes notariés prouvent qu’il n’est pas fait mention de l’obligation pour elles de fournir une autorisation pour ouvrir un commerce…

La femme n’est donc pas cloîtrée et sans importance sociale, comme elle le sera dans les siècles suivants.

Pourquoi tout ces stéréotypes alors?

A partir du XIIIème siècle, la situation de la femme va changer et progressivement se refermer sous l’impulsion de l’Eglise. On décide de cloitrer les moniales et de les cantonner à la prière, limitant progressivement leur instruction tandis qu’on développe l’accès aux universités pour les hommes. Ce n’est qu’au XVIème siècle, en 1593 que la femme est clairement écartée de toute fonction d’Etat. Pourquoi ?

Parce que la découverte du droit romain va avoir une influence considérable sur le statut de la femme, et particulièrement à la Renaissance où celui-ci devient la norme à suivre sine qua non.

Le droit romain n’est pas du tout favorable à l’épanouissement social de la femme. Il va progressivement instaurer la vision du père comme chef de famille au détriment des tissus familiaux plus souples des périodes précédentes que permettait le droit coutumier.

Ce dernier préconisait en cas de décès sans héritier, le retour des biens du mari à sa famille et le retour des biens de la femme à la sienne, et surtout le pouvoir de déshériter n’existait pas.

Au XVIIème, la femme prend obligatoirement le nom de l’époux marquant la progression de ses tendances qui ont débuté à la fin du Moyen-âge et au début de la Renaissance…  jusqu’à son avènement avec le Code Napoléon, la toute puissance du père est largement mis en place. La femme n’est alors plus maitre de ses biens, n’a plus aucun pouvoir décisionnaire sur ses enfants ou sa famille.

En guise de conclusion courte car l’article est déjà long, je dirais simplement ceci : alors, finalement, le Moyen-âge, pas si obscurantiste que ça en ce qui concerne la place des femmes, non ?


Post to Twitter

19
mai

L’ours au moyen âge

   Ecrit par : tragulinu   in Scriptorium

Comment et pourquoi l’ours, célébré dès l’époque paléolithique, totem des civilisations celtes, scandinaves, amérindiennes, décliné dans tous les termes en indo-européen, projeté en terme de constellation dans les cieux, fut déchu et remplacé par le lion?

Je vous apporte ces réponses dans une synthèse de documents, dont je cite les références,non pas dans le développement même du texte, pour ne pas l’apesantir, mais à la fin.

L’ours dans la préhistoire.

Des découvertes récentes,telle la grotte de Chauvet en Ardèche(1994), avec ses
peintures d’ours, d’environ 32000ans, la « salle du crâne » avec un crâne d’ours placé sur un piton rocheux, entouré d’une douzaine d’autres crânes, fait penser à un culte de l’ours, un rite dédié à cet animal, par les hommes de Cro-Magnon ou de Néandertal.

Nous pouvons citer aussi la sépulture conjointe d’un homme et d’un ours dans la grotte du Régourdou,la statue d’argile de la grotte de Montespan découverte par Norbert Casteret, représente un ours de 1,1m de long et percé de coups de sagaie. Cet objet remonte à 22000ans et permet aussi de penser qu’il existait des pratiques rituelles liées au culte de l’ours.

D’autant que la station verticale de l’ours, son statut de plantigrade aussi, à une perception anthropomorphique de l’ours: L’ours serait un double animal de l’homme, peut-être même , comme chez les lapons, l’ours est-il un ancêtre de l’homme, intermédiaire entre les hommes et les dieux.

Son hibernation(apparentée à la mort) et sa renaissance, lui confère des pouvoirs surnaturels. Il peut franchir de manière réversible la frontière entre la mort et la vie, entre l’homme et l’animal.

L’ours dans l’antiquité.

Pour cette période nous avons tous les élements de culture orale, écrite, artisanale, pour assoir la réalité du culte de l’ours, voir sa déification dans de très nombreux peuples.

Dans cet inventaire de la relation entre l’homme et l’ours, citons la mythologie grecque autour de la déesse Artémis, qui changea le fils de sa servante en ours, qui fut envoyé dans les cieux en constellation par Zeus, pour l’épargner(la Grande Ours et la petite).

Les peuples du nord, eux, revendiquent leur ascendance de l’ours lui-même. En Scandinavie il enlève les jeunes filles et engendrent avec elles de guerriers fondateurs des dynasties dont les rois de Norvège et du Danemark se revendiqueront.

Le combat contre un ours dans tous les peuples celtes et germaniques correspond à un rite initiatique. Tacite ne parle pas de ce rituel dans son oeuvre consacrée aux peuples germains, achevé au 1er siècle, mais l’historien Ammien Marcellin sénateur romain en 380 raconte comment chez les Goths les jeunes gens doivent affronter et vaincre un ours pour devenir adultes(lire la légende du Skioldus en l’an mille dans une Scandinavie paienne).

Et cette tradition initiatique du combat contre un ours s’est répendue dans l’histoire pour valoriser des personnages, de héros légendaires aussi. Au Moyen-âge,  il ne s’agit plus que d’un rituel obligé et désormais christianisé: citons en vrac tant les Godefroi de Bouillon, qui n’est pas le plus ancien, mais constitue une modélisation chrétienne du culte de l’ours. Le dit Godefroi n’a sûrement jamais combattu cet ours, mais ce récit lui permis d’être le chef de la croisade. Puis Roland, Tristan, Lancelot, Yvain et le roi Arthur lui-même. Tous cherchent à s’investir de la force de l’ours pour s’imposer comme chef.

Mais la culture celte, scandinave, lapone, européenne est beaucoup plus paienne.. Dans les pratiques cultuelles, les guerriers vainqueurs boivent le sang de l’ours et mange sa chaire, repas rituel d’essence totémique qui contribuait à donner au guerrier la force du fauve. Une ancienne version du Landnamabok ou « livre de la colonisation de l’Islande » raconte comment Old se transforma en être indomptable après avoir mangé la chaire de sa proie ursine.

Ainsi, chez les scandinaves, se crée une troupe de guerriers, les « Berserkir ». Une troupe, soldats d’Odin, décrite par le grand écrivainislandais Snorri Sturluson en 1220: « Ils partent nus au combat, sans armure ni cuirasse, simplement revêtus d’une chemise d’ours, en ragés comme des fauves, mordant leur bouclier etc… ».

La colonisation chrétienne médiévale.

Naturellement quand le christianisme a commencé la colonisation de l’Europe, il ne pouvait toléré cette culture paienne dans laquelle l’ours était l’ennemi du Christ. Il fallu donc abattre l’animal au sens propre et au sens symbolique.

L’abattage physique s’est conclu avec le premier allié du pouvoir papal: Charlemagne, dans sa conversion des pays germaniques au christianisme , organisa des battues et des destructions massives de l’ours.

Dès l’époque carolingienne, les prélats de Germanie interdirent la
consommation de viande d’ours. Tous les esprits chrétiens étaient appelés à soutenir ces interdictions.

Ainsi la grande abesse Hildegarde de Bigen, dont les préoccupations étaient morales, mystiques, médicales, n’hésite pas à écrire:  » C’est une viande impure qui échauffe les sens, conduit au péché et peut entraîner la mort . »

Quant à l’abattage symbolique, il faut reconnaître que ce fut un échec. L’ours,
comprennez moi, bénéficie d’une tradition orale et culturelle énorme, millénaire. Et le christianisme ne peut le vaincre au nom du Christ.

Prenons donc l’héraldique médiévale qui certes est apparue trop tardivement pour
que l’ours y tienne la place qu’il aurait encore occupé plus largement sous Charlemagne, selon l’onomastique carolingienne. Mais il représente encore 3% des meubles honnorables des armoiries et figurer dans les cimiers,écus et supports.

Il y a trois villes en Europe au nom ursin: Berlin, Bern, Madride. Mais d’autres dont l’emblème est l’ours comme en Italie « Pistoia », qui prit l’emblème de l’ours propre à Florence pour remercier l’armée florentine de l’avoir préservée du siège établi par l’archevêque Giovanni Visconti.

N’oublions pas la famille « Orsini » et le nom corse de « Orsu » toujours usité
en composition(Orsu- Paulo, etc…), tant il est vrai que la Corse est un peuple qui mélange ses origines aux celtes.

Le pouvoir de l’oralité.

Celui-ci même qui nous a permis, par transcription orale, de nous livrer notre culture paienne, enfouie dans ce que l’on nomme « l’inconscient collectif », celui-ci même qui nous livre, après multes variations culturelles, un conte comme « boucles d’or » avec les ours . Car enfin, quand l’église chrétienne, tanta de censurer notre savoir et nos traditions culturelles et cultuelles paganistes, les contes ont continué à véhiculer ce savoir ancestral, sous forme de contes
et légendes pour enfants.

Mais la science linguistique accable la censure en révélant partout nos origines sémantiques.

Il existe un terme indo-européen pour désigner l’ours et qui a survécu 7 millénaires« rksas » de l’Europe jusqu’en Inde.

Puis ce nom a été tabouisé (c’est-à -dire contourné pour définir l’animal par son apparence ou ces attitudes). Ainsi on l’a appelé « le brun » c’est l’origine des formes germaniques: bar, bear, beer, et jusqu’en Grèce le nom de Baros. Puis dans d’autres troncs linguistiques postérieurs, il fut identifié en langue slave comme « mangeur de miel », ou en langue latine « ursus » par référenceà se lécher certaine parties du corps.

En Allemagne et scandinavie,innombrables sont les noms autour des racines
Ber,bern,bero,bera,born,beorn, per,pern,björn etc…

Je me suis permis ces précisions, parce que l’un des combats du christianisme et de son oeuvre colonisatrice en Europe, fut de vouloir rebatiser les convertis.
Essayer d’éliminer les preuves linguistiques de cette culture ursine.

Les ecclésiastiques ne purent que latiniser des mots « qui évoquent la guerre, la
violence et ces animaux féroces »:

Ainsi nous trouvons tous les référents à l’ours: Adalbero, Ansperu, Asbornus, Bernadus, Bernhelmis, Gebernus, Osbernus etc…

Mais tous ces noms se maintiendront, qui évoquent notre culte ursin, et même pour de très grands personnages au service de l’Eglise comme l’archevêque de Reims, Adalbéron(988), sans parler du célèbre saint Bernard(1091-1153) -Bern ard signifie en germain « ours fort »-

La substitution de l’ours.

Le christianisme n’aime pas cet animal qui appartient à l’archaique patrimoine paien. Il n’aura de cesse de le bannir et de le dévaloriser.
Rien n’y fait pour imposer la religion chrétienne face à notre culture paganiste, qui même se réactive au XIII siècle. Il faut remplacer la fête de l’ours du 2 février par la Chandeleur mais surtout trouver un substitut à l’ours, qui séduirait le peuple, et qui n’aurait aucune tradition orale dans notre culture européenne:
le lion.

Dans la foulée de l’exotisme et des voyages lointains, les christianisme choisit de substituer le lion à l’ours. Et pour assurer la prédominance du lion sur l’ours, il faut ridiculiser, avilir celui-ci avec tous les moyens du bord. Le lion pourra alors représenter la force, s’imposer comme roi des animaux, sans faire ombrage au pouvoir papal.

Ainsi, l’église chrétienne qui excommuniait les bateleurs et autres « jongleurs »,
va favoriser les montreurs d’ours, pour que le peuple puisse voir la décadence d’un mythe paien, asservi aux plaisirs de la foule.L’ours sera désormais la bête docile et soumise comme Saint Amand le dressa(à porter la charge des boeufs
qu’il avait dévorés). Les clercs feront petit à petit de l’ours une bête « ordinaire », expulsée des symboles héraldiques, tenu à la chaîne, dépourvu de toute prestance.

On diabolise l’ours en lui prétant des péchers capitaux, on le crétinise dans les fables, on le représente dans toute l’hagiographie comme un imbécile.

Conclusion.

Que voulez-vous que je vous dise? Elle est claire la conclusion. L’ours, grâce á la puissance de notre inconscient collectif(vous savez, les 90% du code génétique
non exprimé, notre savoir paléolithique(?)), a une place essentielle dans la sociabilisation des enfants. C’est la star de la sociabilisation des enfants.

Dites le moi encore et encore….je suis un ours mal léché….

Les références de cette synthèse:

Michel Pastoureau in « L’ours, histoire d’un roi déchu »

David Christian in « autour de la légende médiévale de la famille Orsini »

Jean Dominique Lajoux in « l’homme et l’ours »

Le moyen âge en lumière.com

commune.pistoia.it

Elisabeth Klein in « un ours bien léché: le thème de l’ours chez Hildegarde
de Bingen.

Magazine de l’espace européen de la recherche novembre 2008

theatrum-belli.com

paysdelours.com

editions.guepard.free.fr

Christine Ferlampin -Acher

Sandrine Boulmier .Thèse. L’ours, un socialisateur à travers les âges de l’humanité.

Source

Post to Twitter

2
avr

Atelier le Lutrin d’Or – stages d’enluminure 2010

   Ecrit par : arianrhod   in Scriptorium

L’Atelier le Lutrin d’Or vous propose des stages toute l’année.

Les stages permettent de découvrir le métier d’enlumineur hier et aujourd’hui  : préparation du parchemin, pose de l’or sur mordant, travail à la détrempe, rehauts. Ils  permettent aussi d’aborder les grands principes de la calligraphie médiévale.

Ils sont destinés à tous et ne requièrent absolument pas de connaissances particulières.
Afin de garder la qualité optimale de l’enseignement et de personnaliser le travail de chacun, le nombre de place est limité à 8.

Du jeudi 8 au vendredi 9 avril 2010 (2 jours)
Thème « Initiales ornées »

Du lundi 12 au mercredi 14 avril 2010
Thème « Les voyages au Moyen Âge »

Du mercredi 21 au vendredi 23 avril 2010
Thème « L’Evangéliaire de Kells »

Du mardi 6 au jeudi 8 juillet 2010
Thème « Les romans arthuriens »

Du jeudi 15 au samedi 17 juillet 2010
Thème « Les manuscrits du Mt Saint Michel »

Du mardi 20 au jeudi 22 juillet 2010
Thème « Sur la trace des vikings »

Du mardi 27 au jeudi 29 juillet 2010
Thème « Anne de Bretagne »

Du lundi 25 au mardi 26 octobre 2010 (2 jours)
Thème « Bordures & ornementations »

Du lundi 20 au mardi 21 décembre 2010 (2 jours)
Thème « Bartolomeo Sanvito, le copiste de la Renaissance »

TARIFS 2010: 120€  stage de 2 jours / 200€  stage de 3 jours     matériel compris

N hésitez pas à contactez l’Atelier pour plus d’explications et recevoir la fiche descriptive du stage qui vous inspire….
Renseignements & inscriptions
Caecilia Drécourt
5 place du château
35290 GAEL
02 99 07 77 16
lelutrindor@hotmail.fr
www.atelierlelutrindor.cmonsite.fr

Hébergement possible dans les environs de l’Atelier
www.pays-stmeen-tourisme.fr

Post to Twitter

Le bestiaire?

Le bestiaire, appelé aussi « livre des natures des animaux », vise avant tout à enseigner une morale chrétienne simple. Reprenant la tradition du Physiologus, les bestiaires prêtent aux animaux des personnalités et des sentiments comparables à ceux des hommes, afin qu’ils servent d’exemples pour illustrer les sermons.

Les bestiaires sont construits sur l’idée qu’il existe, comme le raconte la Genèse, un rapport hiérarchique entre toutes les créatures de Dieu, et que l’Homme en occupe le sommet : dans sa célèbre Consolation de Philosophie, l’un des textes les plus lus au Moyen Âge , Boèce compare ainsi les hommes qui se sont éloignés du Bien aux animaux.

Les bestiaires apparaissent en Angleterre au XIIe siècle, à destination du monde aristocratique. Puis ils se répandent dans le Nord de la France et en Normandie. Les Bestiaires en latin sont destinés aux clercs ; les Bestiaires en français aux laïcs. De nombreux écrivains se sont emparés du genre pour créer des bestiaires spirituels, philosophiques, ou courtois.

Le Roman de Renart

Le Roman de Renart est la somme de récits, appelés « branches », composés par des auteurs presque tous anonymes, qui ne se connaissaient que par leurs œuvres. Les principales branches, et les plus anciennes. Une quinzaine sont rédigées entre 1174 et 1205. Mais de nombreux épigones rajoutent des épisodes jusqu’en 1250.

Participant de la veine parodique et satirique, cette épopée héroï-comique offre un reflet des institutions et du fonctionnement de la société féodale des XIIe et XIIe siècles. Elle décrit un monde hiérarchisé où règne la violence, où il faut sans cesse se battre pour manger et survivre. Elle ne ménage pas les représentants de l’Église. Si quelques vilains apparaissent, la bourgeoisie est à peu près absente et aucun épisode ne se situe dans un milieu urbain.

http://www.dailymotion.com/videoxbmhqx

Pour en savoir plus, vous pouvez contacter L’atelier du Lutrin d’or.

Post to Twitter

14
mar

La première croisade : d’Antioche à Jérusalem

   Ecrit par : Cernunnos   in De Historia

Après la prise d’Antioche le 28 juin 1098, dont nous avons parlé dans le précédent article, une épidémie se répandit.  Par ailleurs, la poursuite de l’expédition est fixée au mois  de novembre, pour laisser passer la chaleur estivale. En réalité, le départ des Croisés sera retardé de six bons mois pendant lesquels de petits raids masqueront les dissensions des barons aux yeux de l’armée.

Une épidémie oblige les Croisés à stationner à Antioche…

Adhémar de Montreuil au siège d'Antioche

L’évêque Adhémar de Monteil compte parmi les victimes, probablement une épidémie de thyphoïde. Les Croisés mènent un certain nombre de raids pendant l’été à la recherche d’un climat plus salubre et de butin.  Pendant cette période, ils prennent facilement plusieurs petites places fortes syriennes pour subvenir à leurs besoins pendant l’hiver. Lorsqu’ils reviennent à Antioche, l’épidémie a décimé une bonne partie de la ville.

Le 5 novembre, les barons se réunissent mais aucune date n’est arrêtée pour la reprise de la marche. De même, le problème de la possession d’Antioche n’est pas résolu. Bohémond promet de ne pas entraver la croisade et de marcher à sa tête. Pour contenter les hommes, on met en place des raids locaux. Les Francs confortent leur position en Cilicie.

… mais le temps des désaccords prend le dessus.

Lorsque les Croisés reviennent tous à Antioche pour fêter la Noël, les mésententes sont telles qu’elles ne semblent pas pouvoir trouver de solution. La mort de l’évêque, légat du pape,  a entrainé la perte du seul verrou qui maintenait plus ou moins l’unité parmi les barrons.

Raymond et Bohémond ne s’accordent pas du tout sur le serment prêter à Alexis Ier et encore moins sur le contrôle d’Antioche. En effet, aucun représentant d’Alexis n’est présent et celui-ci ne semble pas revendiquer son dû. Bohémond souhaite prendre la ville, malgré le serment qu’il a prononcé.  Tous les barons acceptent, excepté Raymond de Saint-Gille.  On envoie un émissaire s’enquerrir de la volonté d’Alexis Ier mais celui-ci arrive trop tardivement pour qu’une expédition se monte avant l’hiver. Il perd donc ses droits sur la ville. Chacun veut assurer sa propre richesse et reconnaissance, au détriment de la cause commune : le départ pour Jérusalem fait les frais de ces querelles. Las, Godefroy se retire quelques temps chez Baudoin dans le comté d’Edesse.

L’armée impose la marche vers Jérusalem.

L’armée est irritée, et encore c’est un euphémisme, par le comportement des barons. Raymond d’Agiles écrivait : Comme les princes [...] ne sont plus désireux de nous conduire à Jérusalem, choisissons un courageux chevalier que nous pourrons servir loyalement et en toute sécurité et, si Dieu le veut, nous arriverons à Jérusalem avec ce chevalier comme chef. Si cette grande discorde à propos d’Antioche se poursuit longtemps, abattons ses mûrs.

La pression venue des soldats oblige finalement Bohémond et Raymond à faire front commun face aux autres princes. Raymond plie et reconnait à Bohémond la possession de la ville. Malgré leurs dissensions, ils font front commun dans la prise de Marra pour contenter l’armée qui réclame de se mettre en mouvement. Mais sous le manteau, on essaye d’acheter les uns et les autres… on soudoie, on corrompt. Nous sommes bien là loin des idéaux défendus par Urbain II.  Il s’agit en fait de faire patienter les hommes, mais ceux-ci s’échauffent rapidement outrés par le comportement de leurs chefs. La ville,  assiégée le 27 novembre, tombe le 11 décembre 1098.

Les Croisés, mourrants de faim, auraient mangé des corps ennemis à Marra.

Certaines sources disent que Raymond a lui même ordonné de brûler Marra, d’autres disent que l’armée elle-même a sapé ses fortifications en guise d’avertissement. Mais c’est, en tout cas, de cette ville que Raymond part, pieds nus en pénitent  le 13 janvier 1099, signifiant ainsi qu’il reprend le pèlerinage interrompu. Il souhaite également montrer un signal fort aux petits gens qui, peu de jours avant, avaient manifesté leur mécontentement face à l’oisiveté des seigneurs ainsi que se repentir des querelles qui viennent de désorganiser totalement l’armée.

Robert de Normandie et Tancrède le suivent. Godefroi et Robert de Flandres refusent de reconnaitre son autorité et restent à Antioche. Pour sa part, Bohémond oublie bien vite  sa promesse et se comporte en seigneur et maitre sur ses terres fraichement acquises.

La route jusqu’à Jérusalem.

Les Croisés ne rencontrent pas particulièrement de difficultés. Les factions ennemis sont divisées entre elles, les négociations facilitent les choses. Les différents émirs ne servant que leurs propres intérêts, l’avancée est grandement simplifiée. Les Fatimides, qui entretenaient de bonnes relations avec Constantinople, espèrent souder une relation avec les Croisés contre leurs adversaires, les Seldjoukides. 480 km les séparent de Jérusalem.

En janvier 1099, Raymond de Saint-Gilles prend la forteresse d’Hisn al-Akrâd et abandonne les lieux presque immédiatement, son objectif étant Jérusalem. Mais ce fort deviendra le célèbre Krak des Chevaliers.

Le Krak des Chevaliers

A cours d’argent et suite aux rapports des émissaires envoyés à Tripoli concernant le caractère peu guerrier de la population, Raymond assiège Arqa, proche de Tripoli, le 14 février 1099. Il envoie ses vassaux prendre Tortose, la ville de Maraclée se rend et le reconnait comme suzerain. Ces succès florissants conduisent Robert de Flandres et Godefroi à  rejoindre son mouvement. Ils assiègent le port de Jabala, toutefois la rumeur de l’arrivée d’une grande offensive ennemi les poussent à rejoindre Raymond qui s’enterre dans la prise de Arqa.

Les diputes ne s’arrêtent pas pour autant car les deux barons ne considèrent pas l’autorité de Raymond comme étant légitime. De fait, au combat, les deux armées ne sont pas coopérantes. En outre, Alexis I er envoie une lettre en avril  pour se proposer de guider les Francs si ceux-ci acceptent d’attendre son arrivée. Raymond est tenté d’accepter mais l’excitation des troupes à l’approche de la Ville sainte et les autres barons l’obligent à refuser. De même, les Fatimides proposent une alliance et s’engagent à laisser passer les pèlerins en échange de l’arrêt des troupes aux frontières de la Palestine. Refus également.

Malheureusement, le siège d’Arqa est très laborieux… de nouveaux l’opposition des Croisés grondent. Le 5 avril, Pierre Barthélemy, celui qui avait découvert la  » Sainte lance  » à  Antioche, prétend avoir eu une nouvelle vision. Les saints lui ont dit que la ville devait être prise d’assaut.

Les adversaires de Raymond hurlèrent à la supercherie, et dénoncèrent le caractère abusif de la « Sainte lance ». Pierre demanda l’ordalie.  Le 8 avril 1099, Pierre tente de traverser un brasier avec la lance en main. Gravement brûlé, il meurt douze jours plus tard dans d’attroces souffrances. Une grande partie de l’armée ne croie plus en la sainte relique, et le moral des troupes ainsi que l’image de Raymond en souffre un peu plus. Le siège d’Arqa est un échec total : le 13 mai 1099, les troupes se retirent.

Toutefois, pour éviter les pillages sur son territoire, la ville de Tripoli fait preuve de nombreuses largesses : elle fournit des guides, du matériel et des vivres, libèrent les prisonniers. Bref, elle graisse la patte des Croisés espérant bien que ceux-ci vont se diriger rapidement vers les régions de leurs ennemis naturels. Le 19 mai 1099, les Croisés entrent en territoire fatimide où Baudoin les rejoint. Le 7 juin ils aperçoivent les mûrs de Jérusalem.

Comme vous vous en doutez, la suite au prochain épisode. C’est presque devenu une habitude maintenant.

Post to Twitter

20
fév

Les origines des armoiries vues par Michel PASTOUREAU.

   Ecrit par : Cernunnos   in De Historia

J’avais déjà écrit un article, mais comme j’ai reçu un très beau livre que je ne peux que vous recommander car il est très bien illustré et très précis, je me permets de vous faire une petite synthèse de ma lecture pour enrichir le premier article et aller plus loin.

Les origines des armoiries d’après M. Pastoureau.

Avec l’évolution du matériel militaire, les hommes en armes ont perdus progressivement tout moyen de se reconnaître. Le capuchon de la cotte de mailles qui remonte sous le menton aussi bien que le nasal du casque à partir des années 1080 – 1120 ont rendu impossible l’identification des hommes sur le terrain.

On prend donc progressivement l’habitude de faire peindre sur  les écus des figures, géométriques animales ou florales.

On ne peut considérer ces dessins comme des armoiries qu’à partir du moment une certaine forme de code est constant pour une même personne et où l’apparition de règles simples codifient ses représentations. On parlera concernant ces règles, de prémices de blason. Michel PASTOUREAU estime que cette mise en place des premières règles d’héraldiques n’a pas lieu avant 1130 – 1140.

A partir de 1180, les hommes sont entièrement cachés par leur équipement et notamment par les grands écus en amande de l’armée franque. L’usage de signalisation est devenu obligatoire pour se reconnaître.

 Comment est-on passé de figures individuelles aux armoiries véritables ?

Il paraît tout à fait logique que les hommes aient conservé un certain temps leur marque sur le terrain pour des raisons pratiques. De même, il semble aussi cohérent que certains les aient conservé à vie. Souvent,  l’emblème choisie constituaient un jeu de mot ou une représentation propre au nom de son porteur. De fait, on peut supposer que le caractère héréditaire des emblèmes choisis procède naturellement de ces deux constats.

Toutefois, ce qu’on ne parvient toujours pas à expliquer au XXIème siècle, c’est comment et pourquoi, dès l’origine, des règles se sont mises en place pour codifier ces représentations. C’est précisément ces règles qui progressivement vont constituer le blason, c’est-à-dire l’ensemble des règles qui régissent les armoiries.  

 Les représentations avant le blason.

Elles se composent de couleurs et de figures simples, mais très codifiées. Michel PASTOUREAU estime qu’elles sont issue d’un héritage de plusieurs éléments qui ont fusionnés entre eux.

Les bannières ont fourni à l’héraldique les couleurs et leurs associations, les partitions, la structure en semé… Ainsi que le lien entre les armoiries et le fief.

Les formes végétales et animales sont principalement issues des sceaux et des pièces de monnaies dont faisaient déjà usage certaines familles au XI ème siècle.  On constate que les sceaux  semblent d’abord apparaître sur les bannières et les gonfanons, puis sur les écus.

Les fourrures (vair et hermine) et la forme des armoiries ont été prise au bouclier véritable. Les figures géométriques sont aussi les héritières de la forme de celui-ci.

La naissance de l’armoiries

La question est donc, pour cibler la naissance de l’héraldique, de savoir à partir de quand on a représenté toujours le même motif pour symboliser une personne sur le champ de bataille. M. PASTOUREAU estime que c’est le cas à partir de 1130 – 1160. 

Pour donner ces fourchettes de dates, ce spécialiste se repose sur des sources littéraires, numismatiques nombreuses, des représentations telles que la tapisserie de Bayeux ou des vitraux, qu’il détaille dans son livre. Il estime ainsi que la naissance des armoiries s’étend sur cinq à six générations.

La gestation : Milieu XI ème siècle – 1130

L’apparition : 1130-1140 / 1160-1170

La diffusion : 1170 – vers 1230 

Nous essayerons dans un prochain article de détailler ces phases pour aller plus loin, il me semble que l’article est déjà de bonne taille et je ne voudrais pas vous lasser.

Source : Michel PASTOUREAU , l’Art héraldique paru chez SEUIL

Post to Twitter

4
fév

Première croisade : De Dorylée aux portes d’Antioche

   Ecrit par : Cernunnos   in De Historia

Nous avons laissé les Croisés juste après Dorylée dans notre dernier article. Ajoutons aussi que Alexis Ier profite de la pagaille semée par les Croisées pour récupérer des terres : la Bithynie, l’Ionie, la Lydie et la Phrégie occidentale plus tardivement.

La ligne principale représente le trajet suivi par l'armée principale; celle en pointillée montre la route prise par Baudouin de Boulogne. Carte éditée par M. Griffe, 8 av. de la Station, Cagnes-sur-mer, 06800.

Dès le 4 juillet 1097, l’armée croisée reprend la route. Le ravitaillement se complique. Le désert décime chevaux et hommes : le sultan a pratiqué la technique de la terre brûlée et empoissonné les puits. Pendant cette éprouvante traversée du désert, les Croisés se nourrissent quasi exclusivement de canne à sucre.

Un anonyme témoigne : Et nous les poursuivions à travers des déserts et une terre dépourvue d’eau et inhabitable, d’où nous eûmes du mal à sortir vivants. La faim et la soif nous pressaient de toute part et nous n’avions presque plus rien à manger, sauf les épines que nous arrachions et frottions dans nos mains : voilà de quels mets nous vivions misérablement.

Toutefois, les Arméniens et les Chrétiens d’Asie et de Syrie font bon accueil aux troupes. Celles-ci s’avancent dans les plaines fertiles d’Iconium (Konieh)  à partir du 15 août. Les Arméniens présents dans la ville désertée par les Turcs fournissent des provisions.

Les Turcs tentent une nouvelle offensive devant Héraclée : c’est la déroute.

L’armée chrétienne se sépare en deux groupes le 13 septembre 1097. Baudoin et Tancrède mène le premier se dirige vers le sud en direction de la Cilicie. Ils passent par les Pyles Ciliciennes, entre le Taurus Cilicien et l’Anti-Taurus  et assiègent Tarse. L’armée turque fuit pendant la nuit du 21 septembre 1097.  Adana et Mamistra suivent de peu mais devant l’incapacité de Tancrède et Baudoin à s’entendre sur l’occupation des territoires par les Croisés, l’élite arménienne prend le dessus.

Je consacrerais un article thématique à la progression de Baudoin car je ne souhaite pas trop m’étendre dans celui-ci. L’armée principale poursuit la route en direction de Césarée de Cappadoce en contournant le massif.

Nous parvînmes heureusement à Césarée de Cappadoce. Sortis de Capadoce, nous arrivâmes à une citée magnifique et très riche que, peu de temps avant notre venue, les Turcs avaient assiégée pendant trois semaines [ Plastencia]. Mais ils n’eurent pas le dessus et, à notre arrivée, elle se rendit aussitôt entre nos mains avec une grande joie. Un chevalier, nommé Pierre d’Aups, la demanda à tous les seigneurs, afin de la défendre en toute fidélité de Dieu et du Saint-Sépulcre, des seigneurs et de l’empereur.  Ils l’a lui accordèrent de très bonne grâce. [...] Nous atteignîmes ensuite une ville appelée Coxon [Geuk-sou] qui possédait les ressources importantes qui nous étaient nécessaires. Les Chrétiens, habitants de cette ville, se rendirent aussitôt [probablement des Arméniens].Nous y fûmes pendant trois jours dans de bonnes conditions et les nôtres purent s’y refaire entièrement.

La traversée de la montagne de L’Ouzoun-Tebaïr-Dagh est à nouveau éprouvante.  Toutes les villes prisent sur le trajet sont soit remises aux Arméniens sur place, soit rendues à Alexis Ier.

Sortis de cette exécrable montagne, nous parvînmes à une ville appelée Marasch. Les habitants sortirent à notre rencontre tout joyeux, en nous apportant un copieux ravitaillement, et nous y fûmes dans l’abondance en attendant l’arrivée du seigneur Bohémond. Enfin, nos chevaliers atteignirent la vallée [vallée d'Oronte] dans laquelle est située la cité royale d’Antioche qui est la capitale de toute la Syrie.

Le siège d’Antioche, et la conquête de la Syrie, se préparent…

Post to Twitter

Page 1 of 212
SEO Powered by Platinum SEO from Techblissonline