Articles tagués ‘société médiévale’

Ce document date un peu puisqu’il a déjà plus de dix ans, néanmoins il s’agit d’une compilation d’articles historiques qui visent à dénoncer la désinformation concernant le Moyen-âge français. Jacques Heers est professeur honoraire à la Sorbonne, aujourd’hui retraité. J’ai eu l’occasion de l’entendre sur une émission de radio sur les ondes de Radio Courtoisie dans une très intéressante émission.

Il s’est attaché à montrer, dans Le Moyen-âge, une imposture mais aussi dans une large bibliographie, que contrairement à l’idée reçue il n’y a pas eu rupture brutale entre le Moyen-âge et la Renaissance. Il montre point par point que l’image du Moyen-âge arriéré que nous connaissons tous est une vaste supercherie.

Pour vous présenter cette bible de l’histoire médiévale, je vais simplement citer les propos de son auteur.

« Dénoncer une imposture est toujours, lorsqu’il s’agit de l’Histoire, une facilité. Les exemples de tricheries, de déformations systématiques et de slogans pervers lancés sciemment ne manquent assurément pas. Nous pourrions, pour chaque période du passé, chaque siècle, chaque civilisation, rappeler sans mal ce que nos manuels et nos journaux nous ont imposé d’erreurs et de désinformation éhontée. En ce qui concerne l’idée que l’on se fait du «Moyen Age», la tache est encore plus facile car cette imposture demeure très solidement ancrée dans nos façons de penser; elle remonte déjà à plus d’un siècle; elle dure et perdure.

[...]

Cette façon de crier avec les loups et d’accabler les hommes de notre passé me choque profondément. C’est une facilité, une lâcheté que de couvrir de mépris et d’accuser sans rien savoir de précis, sans trouver en face de soi des accusés susceptibles de se défendre. En fait, c’est une attitude absolument contraire à celle de l’historien. En effet, la principale des vertus de l’historien intègre, la plus difficile peut-être à acquérir et à conserver, est sans nul doute la sympathie, la compréhension, pour les sociétés du passé qu’il se propose d’étudier. Depuis très longtemps, depuis Jean-Jacques Rousseau et Bernardin de Saint-Pierre, on nous a appris, à juste raison, à manifester cette sympathie pour des civilisations étrangères à la nôtre, pour des sociétés souvent mal connues et, en tous cas, très lointaines. Et, en même temps, on nous invite à cultiver le plus profond mépris pour nos propres civilisations, celles de notre passé. Simplement parce qu’il s’agit de temps révolus, parce ce que nous nous voulons croire supérieurs. C’est là une forme d’orgueil proprement insupportable . C’est tout évidemment, une forme de racisme que ni l’historien, ni l’honnête homme ne peuvent admettre.

Je ne tenterai pas aujourd’hui de «réhabiliter» le Moyen Age et me limiterai à deux points: le Moyen Age n’existe pas, quelles sont les raisons qui nous ont conduits à ce mépris et qui ont fait que nous avons, généralement, accepté cette attitude . »

Voilà qui me semble très alléchant comme prélude à la lecture… bien plus en fait que tout un paragraphe que j’aurais pu moi-même écrire, voilà pourquoi je me suis permise de citer cet extrait en guise d’introduction à l’oeuvre.

Pour se le procurer

Le Moyen Age, une imposture par Jacques Heers

Paris, Éditions Perrin, 2008

384 p.

EAN 9782262029432

Prix : environ 9€

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16
mai

La vie au Moyen-âge : plus dure ?

   Ecrit par : Cernunnos   in De Historia

Une petite vidéo qui va poser d’entrée le débat qui fera l’objet de cet article.

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Attention, elle est à prendre pour ce qu’elle est, une vidéo brêve et introductive. En effet, l’idéal d’oisiveté est loin d’être effectif dans les cloîtres dans la mesure où les moines travaillent en plus de leurs prières quotidiennes de manière à assurer la vie de la communauté. Nous avons vu dans l’article sur l’abbaye de Citeaux combien cela pouvait parfois être difficile.

Toutefois, on peut légitimement s’interroger sur la pénibilité du travail au Moyen-âge. Peut-on, comme beaucoup le croient encore aujourd’hui, le considérer comme une période d’exploitation cruelle et d’esclavage stricto sensu ? Je serais tentée de dire pas du tout.

Un regard moderne et biaisé sur la notion de « travail ».

On ne peut nier que le travail était plus difficile puisque les moyens et les outils qui l’allègent aujourd’hui n’existaient pas encore. On ne peut nier aussi l’existence des diverses taxes qui étaient à verser au seigneur selon qu’on soit vilain ou serf.  Il me semble cependant  que la période de la Renaissance, et de la Révolution, ont  volontairement accentué les caractéristiques oppressives du système féodal.

Pour la Renaissance, le Moyen-âge est anarchique et ignard, exempt de références aux classiques : il est évident que si la Renaissance a eut accès à ces textes classiques c’est uniquement parce que les copistes médiévaux en connaissaient déjà l’existence … mais bon. De fait, l’histoire médiévale a longtemps été vue par le prisme faussé de ce point de vue. C’est encore d’ailleurs le cas pour beaucoup de personnes aujourd’hui.

Le travail au Moyen-âge?

Contrairement à ce qu’affirme la vidéo, il suffit de se pencher sur le Calendrier des travaux agricoles du Rustican pour voir qu’on travaillait toute l’année, même si le rythme de l’été n’était évidemment pas le même.  Il est clair que les jours chômés, fixés par l’Eglise, étaient aussi bien plus nombreux qu’aujourd’hui et surtout respectés de tous.

Nous avons vu dans l’article sur le décompte du temps combien le rythme de vie médiéval était différent du notre. On se couche à la nuit tombée donc effectivement, les journées d’été sont plus longues et plus pénibles que celles d’hiver. Cela suffit-il à faire des paysans médiévaux des opprimés?

Je pense que le regard que nous avons actuellement sur le travail, en tant que concept aussi bien qu’en tant que de valeurs, à largement changer et contribue à une incompréhension sur cette période. Il va de soi pour tout Chrétien au Moyen-âge, que nous sommes sur terre pour travailler suite au pêché originel… la question ne se posait donc pas dans les termes où nous la concevons aujourd’hui, dans un monde où les loisirs prennent une part de plus en plus importante.

En outre, l’épanouissement personnel est un concept très moderne : les premiers congés payés sont arrivés me semble-t-il un peu avant les années cinquante. Régine Pernoud, dans Pour en finir avec le Moyen-âge édition Points histoire, explique très bien  l’importance de la coutume en tant que loi universelle régulatrice:

Or, justement, toute volonté individuelle se trouve limitée et déterminée  par ce qui fut la grande force de l’Age féodal : la coutume. On ne comprendra jamais cette société si on méconnait la coutume, c’est-à-dire cet ensemble d’usages nés de faits concrets et tirant leur pouvoir du temps qui les consacre; sa dynamique est celle de la tradition : un donné, mais un donné vivant, non figé,toujours susceptible d’évolution sans jamais être soumis à une volonté particulière.

Finalement, on peut donc se demander si l’homme médiéval n’était pas malheureux ou s’il n’avait simplement pas conscience de son malheur du fait d’être ensembles.

La vie des paysans au Moyen-âge ?

Pour bien comprendre la vie des paysans du Moyen-âge, il faut se débarrasser des visions préconçues et tenter de garder une certaine neutralité.  Certes, on regorge de de témoignages de seigneurs oppresseurs … mais est-ce un phénomène épisodique dont on a fait état à maintes reprises pour jeter l’opprobre sur leurs agissements, et leur nom surtout,  ou quelque chose de fréquent?

Pour en savoir plus, je me suis penchée sur le livre Les classe rurales et le régime domaniale en France et au Moyen-âge, par Henri Eugène Sée. Ce document décrit largement les droits qui régissent les domaines et leurs implications directes sur la vie des paysans, bien qu’il soit un peu orienté.  On constate que la paysannerie se dégage très progressivement du servage, et que plus lentement encore , sa situation s’améliore de façon perceptible au fil de la période.

Rappelons aussi que dès l’an mil, la prédominance de l’Eglise qui impose la Paix  de Dieu et la Trêve de Dieu.  Elle jette l’anathème sur qui attaquera sans raison un paysan, et surtout elle ménage pendant les périodes de fêtes religieuses une paix relative… Toute activité militaire est proscrite lors des périodes liturgiques. Ce qui donne a peu près quatre-vingt jours par an pour se battre aux seigneurs. On peut donc penser que la vie du paysan est plutôt calme à partir de cette période.

Pour jeter définitivement un sort à la question du roi tyrannique, héritée de la vision déformée de l’histoire révolutionnaire, je me permettrais de citer simplement Régine Pernoud, dans Pour en finir avec le Moyen-âge édition Points histoire. Elle écrit :

Le roi féodal est le seigneur parmi d’autres seigneurs; comme les autres il administre un fief personnel, dans lequel il rend la justice, défend ceux qui peuplent son domaine et perçoit des redevances en nature ou en argent. Hors de ce domaine, il y a le roi, celui qui a été marqué par l’onction sainte; c’est l’arbitre désigné dans les conflits, le suzerain des suzerains, celui qui assume la défense du royaume et auquel, à ce titre,  les autres seigneurs doivent une aide militaire, fixée d’ailleurs à un temps fort limité : quarante jours par ans.

Donc, si on résume tout cela, le roi peut exiger la présence de ses vassaux la moitié du temps dont il dispose pour faire la guerre… cela limite donc encore un peu plus les possibilités de combat.

Par ailleurs, en dehors de son statut divin qui lui confère la mission de protéger le royaume au regard de Dieu et donc d’harmoniser ses relations entre les différents vassaux, c’est tout. Il est loin d’avoir le statut d’un monarque comme Louis XVI par exemple : il n’édite pas de loi générale et ne perçoit aucun impôt en dehors de son fief et cela jusqu’au XVème siècle.

La vision des historiens marxiste a beaucoup galvaudé le terme de « féodalité »… et il s’agit d’un prisme déformant qui est aujourd’hui encore fatale dans notre manière d’enseigner l’histoire.

Le serf : un esclave ?

Et bien non. L’esclave, tel que perçu par les Romains, est une chose qui fait parti de la maison. Le serf, lui est considéré comme un être humain. Le servage est une chose et l’esclavage une autre, j’insiste!  Là encore, je cite Régine Pernoud.

Le serf est une personne traitée comme telle; son maitre n’a pas sur lui ce droit de vie et de mort que lui reconnaissait le droit romain.

[...]

Dans la société qu’on voit naître au VIème – VIIème siècles, la vie s’organise autour du sol qui vous nourrit et le serf est celui dont on exige la stabilité : il doit demeurer sur le domaine ; il est tenu de le cultiver, de bêcher, fouiller, semer et aussi de moisonner ; car s’il lui est interdit de quitter cette terre, il sait qu’il en aura sa part de moisson. En d’autres termes, le seigneur du domaine ne peut l’expulser pas plus que le serf ne peut « déguerpir ».

C’est cette attache intime de l’homme et le sol sur lequel il vit qui constitue le servage, car, par ailleurs, le serf a tous les droits de l’homme libre : il peut se marier, fonder une famille, sa terre passera à ses enfants après sa mort ainsi que ses biens.

Le servage est donc un statut particulier… au même titre que dans notre société moderne nous pouvons travailler pour une société publique ou privée, si on souhaite faire une comparaison large et très imagée.

Le serf est lié a la terre qu’il cultive et il est assuré d’en conserver l’usage jusqu’à la fin de ses jours.  Il me semble que plus d’un ouvrier agricole du XXIème siècle, en ces temps de crise, aimerait pouvoir en dire autant. Il vit, de fait, sous la protection de son seigneur ce qui est moins risqué que le statut de paysan libre.

Rappelons au passage, que les rois féodaux ont le même rapport à la terre : celle-ci appartenant à leur lignée, ils ne peuvent ni la vendre, ni l’aliéner, ni la déserter. Ils ne peuvent ainsi céder que les biens personnels dont ils ont eu héritage mais n’ont qu’un droit d’usage sur leur domaine.

Là encore, c’est la simplicité de traduire  »servus » par esclave qui a prédominé pendant longtemps. Le retour dès le XVIème de l’esclavage pur et  ensuite le prisme révolutionnaire ont profondément déformé la réalité médiévale.

Que penser de la vie au Moyen-âge ?

En guise de conclusion, encore que le débat soit toujours largement ouvert, je dirais simplement qu’un certain nombre de filtres se sont rajoutés à la réalité médiévale qui l’ont largement floutée. Ces filtres, volontairement ou non, ont contribué à faire l’enseignement actuel de l’histoire et nous rendent encore plus difficile l’appréhension de ce qu’était la vie au Moyen-âge.

Je n’ai pas de réponse toute faite à la question, mais j’espère avoir largement démontré combien il est nécessaire de prendre du recul lorsqu’on s’intéresse à cette période qui couvre près de dix siècles de notre histoire et que les époques suivantes ont largement rabaissée.

Je dirais tout simplement pour finir que cette période qu’on appelle Moyen-âge n’a de « moyen » que le nom et que pour qui sait se pencher sur elle avec bienveillance, elle dénombre encore moult secrets.

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Nous savons combien le siècle des Lumières a propagé la désinformation sur l’époque médiévale pour mieux dénigrer la monarchie dans l’opinion et assoir le nouveau mode de gouvernement fruit de la Révolution française. Il est bon nombre de préjugés qui ont la vie dure et qui, encore aujourd’hui, sont toujours d’actualité.Ceux-ci sont tellement ancrés dans l’inconscient collectif qu’aujourd’hui encore la majorité des gens semblent convaincus de leur véracité.En réalité, le droit de cuissage comme la ceinture de chasteté sont des inventions purement modernes. C’est ce que je vais tenter de montrer dans cet article.

La ceinture de chasteté.

Selon la légende, la ceinture de chasteté serait né au Moyen-âge pour empêcher les femmes restées au pays d’être infidèles. C’est une erreur historique flagrante.

Ainsi, Régine Pernoud rapporte les propos d’Anne de Comnène dans  La femme au temps des croisades paru au Livre de Poche :

Il se produisit alors un mouvement à la fois d’hommes et de femmes tel qu’on ne se souvient pas en avoir jamais vu de semblable : les gens les plus simples étaient réellement poussés par le désir de vénérer le Sépulcre du Seigneur et de visiter les Saints Lieux… Ces hommes avaient tant d’ardeur et d’élan, que tous les chemins en furent couverts ; les soldats celtes étaient accompagnés d’une multitude de gens sans armes plus nombreux que les grains de sable et que les étoiles, portant des palmes et des croix sur leurs épaules : hommes, femmes et enfants qui laissaient leur pays.

L’usage veut que la femme suive le mari. Néanmoins, lorsque la défense du royaume ou la santé de la dame ne le permettent pas, celle-ci ne l’accompagne pas. Lorsqu’on part en croisade, on part avant tout pour un pèlerinage en armes mais pour un pèlerinage tout de même ce qui explique le déplacement de la famille complète. Ainsi, Elevire et Godvere, les épouses de Raymond de Saint-Gilles et Baudoin de Boulogne ont pris la route avec eux tandis qu’Adèle, la femme d’Etienne de Blois, est restée  pour veiller sur le grand domaine des comtés de Bois et de Chartres de son époux ainsi que sur ses trois fils mineurs.

Les femmes sont même partie prenante dans le combat, l’Anonyme de la première croisade parle en ces termes du rôle de ceeles-ci dans la bataille de Dorylée : Nos femmes, ce jour là, nous furent d’un grand secours en apportant de l’eau à boire à nos combattants mais aussi en ne cessant de les encourager au combat et à la défense.

Par ailleurs, la première représentation dont nous disposons de cet objet est un dessin de Konrad Kyerser dans un de ces carnets de voyage qui date de 1405. Aucune source ne mentionne l’usage de cet objet avant la Renaissance. A cette période, on l’utilise dans la bourgeoisie pour se protéger du viol lors de longs voyages.

A partir du XVIIIème siècle, les pulsions sexuelles étant largement réprouvées, on en vient à l’utiliser contre la masturbation qui est considérée comme un vice source de maux. On utilise donc cette légende donner une certaine légitimité à cette pratique contemporaine au XIXème siècle. Lorsque la vision de la sexualité va évoluer au XXème siècle, on va conserver cette représentation pour mieux décrier la période médiévale, comme une période archaïque symbole de privation de liberté.

Le droit de cuissage

Désolée pour ceux qui fantasment, mais le droit de cuissage est une pure invention du XVIIIème siècle.

La loi interdit le mariage aux vassaux à moins que le suzerain, ou les suzerains si les deux personnes appartiennent à deux mesnies différentes,  donnent leur autorisation. En effet, la femme va suivre son époux dans sa mesnie et le fruit de leur union appartiendra au suzerain du mari. L’autorisation n’est donc donnée que contre rétribution financière puisqu’un des deux suzerains va perdre son vassal au profit de l’autre. C’est le  formariage. Cette dernière taxe fut parfois appelée cullage, de cullagium, « collecte ».  On imagine forcement dans l’inconscient collectif les dérives des plaisanteries grivoises à ce sujet…

Voltaire, Beaumarchais et bien d’autres qui aimaient beaucoup se moquer de la noblesse, auraient largement diffusé l’erreur et contribué à donner une image de tout puissance violente aux seigneurs… Le « droit de prélassement », le « droit de ravage »  sont des exemples de ces inventions destinées à discréditer l’Ancien Régime et la noblesse… Inventions reprises par nos historiens républicains du XIXème siècle et toujours plus ou moins véhiculées actuellement.

En réalité, le seigneur aurait disposé d’un droit de jambage qui consiste uniquement à placer sa jambe dans le lit des mariés, geste symbolique dont on ne connait pas trop le sens. Une fois ceci fait, il rentre à son domicile laissant l’époux à ses petites affaires. Cet acte serait celui par lequel un émissaire pouvait faire acte d’une union, au nom de son suzerain. On pense qu’il annonçait que le couple était désormais vassal, comme le serait le fruit de leur union.

Et oui, les préjugés ont la vie dure…  On peut se demander pourquoi rien n’est fait à l’heure actuelle pour dénoncer ces images faussement diffusées par le passé. Mais là est un autre débat que je vous laisse le soin de mener éventuellement dans les commentaires. En ce qui me concerne, j’ai ma propre opinion et mon objectif n’est pas de l’évoquer ici. Si la question vous intéresse, procurez-vous pour aller plus loin le livre Le Droit de cuissage : La fabrication d’un mythe, XIIIème – XXème siècle de Alain Boureau, 1995, Albin Michel.

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Présentation succincte de la musique médiévale ou plutôt de la  musique chantée officielle et la musique profane, présentation des instruments à cordes médiévaux.

Exposé imagé d’archéomusicologie  mis à disposition des étudiants de la Sorbonne via Campus.

Première partie :

http://www.dailymotion.com/videoxa6nnc

Deuxième partie :

http://www.dailymotion.com/videoxa6nrz

Troisième partie :

http://www.dailymotion.com/videoxa6ntu

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2
jan

Les châteaux forts (Xème – XIIIème siècle.)

   Ecrit par : Cernunnos   in De Historia

Les châteaux forts exploitaient les accidents du relief ou les hauteurs naturelles, la présence de rivières ou de forêts. Leur répartition géographique est donc loin d’être anodine : ils servent à défendre les frontières, les voix de passage, les nœuds de communication.

Droits de construction et image sociale

Qu’il s’agisse pour le maître des lieux de satisfaire son ego ou d’un moyen de défense stratégique sur une hauteur pour verrouiller un lieu de passage, la construction d’un château pour un petit seigneur était une entreprise fort chère.

On choisissait donc avec précaution le lieu de la construction. Elle n’est pas à la portée du premier venu : elle a une fonction ostentatoire. Le seigneur affirme sa puissance en montrant sa richesse à travers elle.

Le droit de fortification est un droit régalien tout au long du Moyen-âge, exercé par le roi ou ses représentants : cela atteste de l’enjeu de tels projets puisque les petits seigneurs risquaient l’ire du roy pour leur acte, mais aussi la saisie du château ou sa destruction. Le seigneur du Puiset relava ainsi sa forteresse de bois à trois reprises entre 1111 et 1118.

Malgré cela, la construction s’intensifie : des arrangements sous forme de concession cédée par hommage au roi avaient lieu pour légitimer la construction a posteriori. A la fin du XI ème siècle, pour s’assurer de la fidélité des petits seigneurs, on légitime en conséquence : le château est remis contre serment mais le roi peut le demander à tout moment, le temps qu’il souhaite en assurant sa défense, quitte à dédommager son propriétaire par la cession temporaire d’un fief terrien.

Évolutions des constructions.

Durant le haut Moyen-âge, des places fortes avaient utilisé des emplacements d’oppida romaines ou celtiques, de villae mises en défense. Pour se protéger, on avait réparé les mûrs, dressé des palissades et creusé des fossés en fonction des besoins. Malheureusement, les défenses ainsi constituées sont frêles vue la surface à protéger.

Le château apparaît au cours du X ème siècle. Jusqu’au XI ème siècle, les matériaux utilisés sont principalement de la terre et du bois.

Le château à motte est bâti sur une éminence naturelle au besoin remaniée, ou sur une levée de terre rapportée, que protégeaient des fossés, un pont-levis et des murs. Tout autour, et défendus aussi pas une enceinte, des logements, des granges, des écuries, une cours où des villageois se réfugient. Malgré ses dimensions restreintes, l’ensemble est un petit camp retranché organisé selon un réduit principal. ( Seigneurerie et féodalité, l’Apogée XIème -XIIIème,  éd. Aubier Montaigne).

La pierre apparaît avec la construction du donjon de Langeais, en 994 environ. Elle va côtoyer le bois un certain temps, et l’emporte après 1150 dans les châteaux neufs. Néanmoins, il ne faudrait pas commettre l’erreur de penser que la pierre a supplanté le bois. En effet, le choix des matériaux dépendait surtout des moyens du commanditaire. La durée de la construction était aussi un facteur décourageant l’emploi de la pierre. Autrement dit, la motte est plus fréquente que la forteresse.

On bâtit d’abord un donjon en pierres puis on conçoit des remparts disposés de façons à aménager des flanquements pour le défendre.

L’apogée du château fort : le XIIème siècle

Contemporains des grandes églises romanes, le château roman constitue l’apogée architectural de ce type de bâtiment. Il se standardise petit à petit. Le donjon devient progressivement circulaire, résistant mieux ainsi aux mangonneaux et utilisant moins de pierre. Le logement du châtelain est plus confortable. On utilise plus le bois que pour les défenses annexes.

De nombreuses évolutions architecturales sont évoquées ci-dessous. L’influence des Croisades est notable sur les évolutions techniques et architecturales.

D’après l’encyclopédie Larousse : le château fort dispose de séries d’enceintes aux murs épais, les courtines, percées de meurtrières et couronnées d’un chemin de ronde que protègent des merlons ; des tours (plutôt rectangulaires ou carrées, dont les angles morts sont la principale faiblesse défensive) flanquent ces enceintes, permettant de battre les murs en cas d’attaque rapprochée ; pour atteindre à la verticale les assaillants, on place des hourds (constructions en bois) et des mâchicoulis au sommet des tours. L’entrée de la place forte est particulièrement protégée par de grosses tours, une barbacane, des herses, des chaînes et des chicanes. Les diverses enceintes – en général trois, en comptant le donjon – délimitent des cours, ou « bayles », qui peuvent abriter la population du domaine et une garnison : il faut se prémunir contre les mauvaises surprises, les trahisons, et donc isoler le seigneur de la garnison et celle-ci des réfugiés. À l’intérieur, les escaliers en pierre, pratiqués dans l’épaisseur des murs, comme à Loches, n’apparaissent qu’à la fin du XIe s. ; leurs accès sont disposés en chicane pour forcer l’éventuel assaillant à traverser les pièces, et donc à s’exposer.

Du château fort à la forteresse

Le XIIIème siècle apporte son lot d’améliorations avec le château gothique. Avec l’invention des corps de mineurs sapeurs, les seigneurs sont obligés de repenser l’aspect offensif des châteaux. On remplace les meurtrières par les archères. Les hourds et les mâchicoulis se perfectionnent.

Le château devient forteresse. Il se dote d’une double enceinte : L’espace intermédiaire s’appelle les lices. Souvent, elles étaient défendues par un fossé et même étaient séparées de la place par un second fossé (CHABAT 1881).

La vie dans les donjons paraît austère aux seigneurs qui ressentent le besoin de s’installer autrement. Ils vivent avec leur famille dans un logis seigneurial dans la première enceinte.

L’apparition des tourelles permet d’éviter les angles morts dans la défense du site. Un chemin de ronde ainsi qu’un fossé plus large et plus profond sont aménagés pour voir arriver les ennemis de plus loin. Pour se préserver des incendies les toits sont couverts de plomb, les planchers sont remplacés par des voûtes de pierre. Le plan du château est plus resserré et géométrique.

Quelques mots pour conclure… enfin !

Le château va perdurer au-delà du Moyen-âge, mais vu la densité de cet article, vous me pardonnerez, j’espère, de m’arrêter là. Son évolution va se poursuivre au XV ème et au XVI ème. Il semblerait simplement qu’on préfère les villes-citadelles au XVIIème siècle. A cette période là, on entre en conflits plus ouverts, et la présence d’artillerie rend les châteaux forts obsolètes.

Pour mieux comprendre, je vous invite à vous rendre ici. Cette page résume parfaitement, clairement et simplement mon propos tout en expliquant le vocabulaire spécifique que je n’ai pas pris le temps ( et la place surtout ) de donner pour éviter les lourdeurs.

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31
déc

Asiles, hospices et hôpitaux (2)

   Ecrit par : Le moine   in De Historia

La science médicale de cette époque ne permettait pas de guérison bien éclatante. En fait, le service médical ne fut assuré dans les hôpitaux qu’à partir de la Renaissance.

Au Moyen Âge, les médecins étaient presque toujours des gens d’Eglise. Les laïcs qui voulaient embrasser cette profession furent, jusqu’au milieu du XV° siècle au moins, tenus au célibat. On distinguait alors les théoriciens des praticiens. Les premiers avaient suivi pendant trois ou quatre années des lecons données dans les facultés de Montpellier ou de Paris (en Italie l’école de Salerne, puis celle de Bologne ou de Padoue étaient également très renommées).

Ils jouissaient de la considération générale, mais leur science se mêla trop longtemps d’astrologie, d’alchimie, d’oniromancie. Les seconds, moins savants, pratiquaient la médecine selon des méthodes assez empiriques.

A un niveau plus bas se tenaient les barbiers chirurgiens. C’étaient tous des laïcs. L’Eglise, en effet, interdisait aux clercs de verser le sang. Les médecins regardaient donc les chirurgiens comme des subalternes. Gilles de Corbeil, ancien étudiant de Salerne devenu médecin de Philippe Auguste, a fait cette étrange déclaration: « La médecine ne dédaigne pas la chirurgie et peut faire appel à ses conseils, elle ne méprise pas ses usages ni ne conteste ses mérites bien qu’elle se refuse à jouer le rôle infâmant de bourreau. »

Au XIV° siècle, on rencontrait parfois sur les routes, des opérateurs ambulants, ou inciseurs, qui passaient de bourg en bourg. « Ils réduisent les hernies, abaissent les cataractes, extraient les pierres des vessies, châtrent les animaux ou les hommes, appliquent le trépan, incisent les fistules », raconte Franklin. Moins considérés encore que ces opérateurs, étaient les « rénoveurs », rhabilleurs, remetteurs, rebouteurs.

La science médicale n’avait, à vrai dire, pas marqué de grands progrès depuis l’Antiquité. « Le diagnostic, expliquent Maurice Bariéty et Charles Coury, se faisait sur l’allure de la fièvre, les caractères du pouls, l’aspect des expectorations, du sang et surtout des urines. L’uroscopie, faite suivant des règles séculaires et minutieuses était réputée infaillible. Le siège de la maladie se déduisait d’après celui du trouble qui apparaissait dans le vase à urines et qui pouvait occuper quatre niveaux différents dont chacun prenait une signification particulière. La couleur du liquide et l’aspect du sédiment avaient aussi leur importance. »

Quant à la thérapeutique, elle ne variait guère. Les moyens de guérison consistaient surtout en saignées, purgations, clystères, ventouses, sangsues, vésicatoires…Que de choses qui, bien souvent, ne faisaient qu’empirer le mal.

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18
nov

L’évolution de la famille au Moyen-âge.

   Ecrit par : Cernunnos   in De Historia

Au bas Moyen-âge, le modèle de la famille germanique l’emporte progressivement sur le modèle de la famille romaine. On suppose que la réalité sociale a progressivement amené les gens à plus de solidarité dans la famille. C’est l’émergence  chez les nobles du sentiment de lignage.

Eugènes de Rozière, dans Bibliothèque de l’école des chartes - volume 13, 1852,  p. 399, nous dit : « La famille romaine avait pour base la puissance paternelle, pour lien la parenté civile ; la famille germanique reposait tout entière sur la parenté naturelle : l’une était constituée au profit exclusif du chef, l’autre était organisée dans l’intérêt des membres. » Tous les mâles en âge de combattre ont voix au chapitre, même si l’ancêtre garde la direction de la famille.

C’est ainsi qu’émerge la notion de « lignage » particulièrement importante pour la féodalité. Le lignage est un ensemble de personnes, en vie ou décédées,  qui descendent d’un même ancêtre.

Toute l’évolution du concept durant la période médiévale repose sur le passage du lignage étendu au lignage agnatique (qui ne tient compte que des consanguins par les mâles). Ceci évite une trop grande dispersion du patrimoine.  C’est un concept capital pour comprendre la féodalité.  Nous essayerons de revenir ultérieurement sur ce thème.

Revenons plutôt à notre conception de la famille. Elle est , et particulièrement chez la noblesse, le socle des transmissions morales. On transmet à ses enfants par le sang et l’éducation ses qualités de noble. De même, on pratique souvent le même métier de père en fils pour les autres.

Le poids du lignage dans le droit médiéval est particulièrement important dans la mesure où on va constituer progressivement un capital foncier et agraire pour la famille en même temps qu’un capital historique et moral.

On imagine aisément quel put être le poids des pressions sociales sur les jeunes couples à marier au nom de ces mêmes lignages, comme évoqués dans les articles précédents sur les relations entre les hommes et les femmes , et le mariage.

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11
nov

La place de l’enfant au Moyen-âge.

   Ecrit par : Cernunnos   in De Historia

Je me place toujours dans une logique comparative entre l’époque médiévale et la nôtre, afin de clarifier certaines représentations anachroniques et permettre une meilleure compréhension de la vie médiévale.

On a souvent vu le Moyen-âge comme une période de négation totale de l’enfance. Peu d’enfants passent le cap des premiers mois, la mortalité infantile est très élevée, donc on procrée beaucoup.  On est adulte entre 11 et 14 ans.  Cela semble laisser peu de place à l’enfance telle que nous la connaissons actuellement.

L’enfant est vu comme l’aboutissement logique du mariage chrétien qui établit la famille comme une cellule fixe qui repose sur le couple. Ainsi, Thomas d’Aquin écrivait :  » Tout foyer n’est pas parfait, s’il n’y a pullulement d’enfants.

La famille médiévale est donc fort nombreuse puisqu’on ne connait pas la contraception. Nous savons statistiquement que le nombre d’enfants par foyer était élevé pour en assurer la survie au delà des cinq ans. On estime la mortalité à un enfant sur trois. Il s’agit donc d’assurer autant que possible la pérennité de la famille. L’enfant a une valeur sacrée a partir du moment où il entre dans la cellule familiale.

Le vocabulaire de la prime enfance est peu développé.  On parle de « petit enfant »,  mais il semble que l’expression « jeune enfant » s’adresse plus à l’adolescent non marié.  Le mot enfant s’applique généralement à celui qui à moins de 13/15 ans, qui n’a donc pas atteint la majorité selon le droit germanique.

En terme d’artisanat et de littérature, l’enfance ne semble pas avoir marqué cette période : on ne soigne pas les sculptures d’enfants comme on le fera pour les putti de la Renaissance,  la littérature représente pas particulièrement l’enfant.

Cela suffit-il à dire que le Moyen-âge est une période froide envers l’enfance ? Certains historiens avancent que cette distance face à l’enfance est causée par la mortalité qui impliquait donc qu’on ne s’attache pas trop à l’enfant qui pouvait être amené à disparaitre.

D’autres affirment que si nous n’avons pas de trace de cette relation, c’est parce que l’expression de l’amour pour l’enfant subit les mêmes contraintes au silence que l’expression de l’amour marital. Il est bon de noter également que la majorité des gens mariés ne maitrisaient tout simplement pas l’écrit.

Toutefois d’une manière générale, on pense l’enfance comme un mauvais moment à passer et les parents attendent bons fruits de leurs enfants quand ils seront grands. Philippe de Novare écrit ainsi :  » … les petits enfants sont si sales et si ennuyeux durant leur petitesse et si méchant et capricieux quand ils sont un peu grandet, que l’on n’en élèverait pas s’il n’y avait l’amour que Dieu nous en a donné. »

Bons nombre de textes attestent que les enfants étaient perçus pour la famille comme des êtres importants. Le Livre des Manières montre ainsi jusqu’où les parents sont près à aller pour leurs enfants : emprunts, vol, non paiement des taxes…

L’enfant est protégé dans la société chrétienne : l’avortement, les infanticides, les pratiques contraceptives chez les époux sont un pêché mortel réprimé.

Son éducation se fait par le jeu avec ses pairs et l’imitation du modèle parental. Néanmoins, l’adulte doit le corriger dès son plus jeune âge : « plier la verge tant qu’elle est tendre ».  On n’hésite pas à battre. On leur apprend les deux principaux commandements divin : Aime Dieu et Aime ton prochain, puis le plus rapidement possible un métier.

Il existe donc bien un amour filial au Moyen-âge, néanmoins celui-ci est largement mis à l’écart face à la dureté de la vie et les conditions matérielles.  Les morts sont nombreuses, on doit assurer rapidement une production pour la famille.

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La fin’amor a contribué à renforcer l’éthique vassalique :  les vertus exigées par la femme sont les mêmes que celle exigées du souverain.

En outre la courtoisie semble liée à l’épanouissement de la vie de cour. La cour d’Henri II de Plantagenet et Aliénor d’Aquitaine a favorisé la diffusion de la courtoisie au nord et en Angleterre.   La culture courtoise a aussi connu un essor grandissant à la cour de Poitiers.

Par effet de réception de la littérature, les règles et rites de celle-ci se sont étendus aux maris et aux jeunes filles non mariées. La courtoisie a modifié la manière de prendre femme. Il devient d’usage de précéder le mariage d’une période plus ou moins longue après les « épousailles » durant laquelle on retrouve les comportements caractéristiques de la fin’amor. Autrement dit, on se fait la cour.

Ces valeurs s’étendent progressivement à l’ensemble des courtisans entrainant un raffinement des mœurs.

Malgré cela, la femme est toujours considérée comme un être inférieur à l’homme sur un plan social, juridique et économique.  Les rapports sociaux restent très durs puisqu’elle est soumis à l’autorité du père, du frère puis du mari. Néanmoins, grâce à la courtoisie, la femme est représentée comme ayant la possibilité de dire non et de choisir. Par conséquent les hommes ont dû changer de comportement vis à vis d’elle. La courtoisie est donc un mouvement de promotion de la femme.

Elle est aussi la traduction d’une ouverture monastique : le féminin est reconnu spirituellement. Lorsque l’inspiration courtoise va s’essoufler, elle sera remplacée par le culte à la vierge Marie. En découvrant au XIIème siècle que la femme peut être sujet d’amour, on découvre que celle-ci est un sujet.

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8
oct

L’évolution du milieu naturel au Moyen-âge.

   Ecrit par : Cernunnos   in De Historia

Des observations scientifiques dans les pôles ainsi que l’étude du cœur des arbres ou des pollens fossilisés nous permettent de connaître quelques détails du climat et de la géographie de l’époque.

Je cite ici, en résumant, une partie des explications fournies à ce sujet dans la partie Nature du livre France médiévale, publié en 2007 aux Encyclopédie du Voyage Gallimard. Je vous invite à vous le procurer pour en savoir plus.

Le climat

Sur les mille ans du Moyen-âge, on note ainsi un petit réchauffement à partir du bas Empire romain (IVème – Vème siècle) qui c’est accéléré du IXème au XIIème siècle puis nettement ralenti du XIIIème au XVème, avec une courte embellie (fin XVème – début XVIème). [...]

Une carotte prélevée dans la calotte glaciaire du Groenland contient un feuillet par année; la proportion d’isotopes d’oxygène contenu dans la glace varie selon la température. On note ainsi que du VIIIème au XIIème siècle les températures sont plus douces.

Ce réchauffement s’est traduit par des modifications notables du paysage marin, entre autre le recul des mers sur les littoraux face aux alluvions des fleuves. La présence de marais était plus importante qu’aujourd’hui.

Le milieu naturel a beaucoup changé depuis le Moyen-âge, en partie à cause de l’action des hommes, en partie à cause du fait de la variabilité propre aux facteurs géophysicochimiques et bioécologiques de l’environnement.

Le lit des fleuves est mobile en fonction de la modification du niveau de la mer. On peut donc constater que nombre de fleuves n’étaient pas situés au même endroit que sur notre carte actuelle. C’est le cas par exemple de l’Aude qui est passée du nord au sud de Narbonne, ou de la Seine qui regroupe aujourd’hui d’anciens méandres comme le marais Vernier.

L’importance des forêts.

La forêt est omniprésente et joue un rôle capital dans la vie quotidienne. Plantes, bois, terrain de chasse  de cueillette ou pâture, la forêt va progressivement se réduire avec le développement des villes, modifiant de fait le paysage.

Globalement, « l’Occident médiéval apparaît comme une immence forêt de feuillus, laissant place aux résineux dans le Nord ou sur le flanc des montagnes, et à la forêt maigre en Méditerranée. »

Vers l’an mille, les défrichements débutent et se poursuivent par périodes assez largement jusqu’au XIIIème siècle.

A l’heure actuelle, suite au reboisement, la France est aussi boisée qu’à l’an mille mais les essences ont profondément changées.

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